mardi 20 septembre 2011

Granite Peak, 10 ans plus tard

Récemment mon ami John Yarington m’a demandé si j’étais intéressé à grimper Granite Peak, le plus haut sommet au Montana, en une journée. J’avais grimpé Granite Peak une seule fois, il y a presque exactement dix ans. Susan et moi, avec deux autres couples, avions pris deux jours et demi. Granite Peak est au cœur du Absaroka-Beartooth Wilderness et il n’y a pas d’accès facile.

Une ascension d’un jour n’est pas exceptionnelle mais ce n’est pas un projet à prendre à la légère non plus. Ça faisait longtemps que j’y pensais et quand John m’a appelé j’avais le temps, la météo était bonne, et nous avons décidé de partir de Bozeman à 3h jeudi matin. Nous avons stationné la voiture au bout de East Rosebud Canyon vers 5h45, un peu avant le levé du soleil. Quinze minutes de préparatifs de dernière minute plus tard nous étions en route avec nos lampes frontales pour nous aider à naviguer les premiers kilomètres du sentier.

John voulait tenter une ascension relativement rapide. Étant donné que j’avais quelques longues courses à mon actif j’ai établi une cadence que je considérait adéquate pour un marathon en montagne. John me collais aux fesses et je sentais qu’il voulais aller plus vite mais je savais que pour moi, c’était le maximum si je voulais me rendre au bout un un morceau.

Sur le Froze to Death Plateau je m’extasiais devant les paysages qui me rappelaient les hautes montagnes de la Norvège alors que quelques heures plus tôt j’étais confortablement dans mon lit. Je me morfondais de penser aux pauvres citadins assis dans un bouchon de circulation dans un grand centre urbain quelque part.

Mes souvenirs de 10 ans plus tôt m’ont faillit un peu et nous nous sommes trouvé à faire quelques mouvements de 5.8 en solo mais après 5 heures et 20 minutes nous étions au sommet. À presque 13 000 pieds, après 5 heures de course en montagne, je ressentais la fatigue et l’altitude mais notre rythme était bon et la température était idéale. Après 10 minutes nous avons rebroussé chemin et heureusement trouvé la voie la plus facile (5.3?) pour redescendre.

Nous avons fait quelques pauses pour remplir nos bouteilles mais nous n’avions que des petits sacs avec des coupes vents légers (qui sont restés dans les sacs), une trousse de survie, une caméra, un purificateur d’eau, et une douzaines de barres énergétiques chacun.

John avait sa montre GPS et me tenait au courant de nos progrès. À chaque mile il m’annonçait que le dernier mile nous avait pris 12 minutes, 18 minutes, 96 minutes (le sommet est plutôt technique!), etc… Avec un marathon de montagne dans les jambes il m’a fait souffrir avec trois miles autour de 8 minutes 30. Aie! Finalement, nous avons parcouru 27 miles et grimpé 9 000 pieds en une grosse course de 9 heures et 25 minutes.





À une centaine de mètres du sommet

vendredi 9 septembre 2011

The City

Morning Glory Spire à gauche

City of Rocks, dans le sud de l’Idaho à environ 6 heures de route d’ici est une petite Mecque de l’escalade de Roche. Susan et moi y sommes allé plusieurs fois depuis notre premier été ensemble et nous y sommes retourné la fin de semaine dernière, fête du travail. Nous sommes allés avec Tomas, Radka, et leurs petites Klara et Mika.


Un levé de soleil typique à City of RocksSusan cherche l'ombre


Il a fait beau, nous avons évidemment grimpé et j’ai fait un peu de vélo de montagne. Une fois installé pour le camping, la voiture est optionnelle. On n’a qu’a chercher les aspects au soleil quand c’est encore frisquet le matin et les aspects à l’ombre quand le soleil tape en après midi. Nous avons refait des voies classiques sur Elephant Rock et nous avons fait des nouvelles voies sur Lower Bread Loaves et sur le versant est de Parking Lot Rock. Tomas nous a impressionné sur Checkered Demon, un « sandbag » terrible.



Tomas sur Checkered Demon


jeudi 1 septembre 2011

Mes racines

J’ai récemment passé une dizaine de jours au Québec, question de visiter papa, maman, frangin, belle-sœur, nièces et amis. Comme ça fait du bien de se retrouver en famille! J’aime beaucoup le Montana, et si je partais, je m’ennuierais sans aucun doute des montagnes. Mais on ne peut pas nier que quand je retourne au bercail, je me sent immédiatement chez moi. Les érables, les sapins, la mousse et les bleuets dans les forêts denses ainsi que les petites routes au pavé crevassé et les lacs partout. C’est pittoresque, c’est humide, c’est familier.


Lac Supérieur vu du Mont Éléphant

Nous avons fait une petite randonnée au Mont Éléphant qui a bien éveillé tous mes souvenirs du Québec.

Point de vue sur le Mont Éléphant


J’ai aussi fait un petit détour en Ontario, avec Patrick, Isabelle et Charles pour le Wilderness Traverse 24 édition 2011. Notre course fût digne d’une vraie course d’aventure avec du sérieux « bushwhack », des petites erreurs de navigation, de la pluie et de la boue, des bris mécaniques, des choix de trajet moins qu’ultime, des expériences nouvelles et des bonnes leçons apprises. Le résultat fût moins que spectaculaire mais on s’est quand même bien amusé en famille.Au départ, pas encore crottés. Photo: Vincent Frasier

vendredi 5 août 2011

Eh souffrance!

Non non sérieusement, souffrance! Le 16 juillet j’ai participé à ma première course de 50 miles de course à pied. Quand je dis première, ça insinue que j’en ferai d’autres... On verra. Mais pour l’instant je peux dire que l’expérience fût fidèle à mes attentes.

Après environ 15 miles. Photo: Liz McGoff

J’ai souffert et j’ai eu l’estomac à l’envers pendant une partie de la course. Par contre je me suis surpris en maintenant un pas de course pour presque toutes les sections en descente, plate, et même les légères montées. Ça m’a pris 9h39min. Ce n’est pas particulièrement rapide pour cette distance mais c’est un parcours en sentier de montagne autour de 9 000 pieds d’altitude et avec 10 000 pieds de dénivelé.

Link
Paysages magnifiques. Photo: Danni Coffman

Pour comble d’insulte, la neige trop abondante dans les montagnes a forcé une modification de parcours en un double aller-retour. La moitié des concurrents ont abandonné après le premier aller-retour. Psychologiquement, c’était trop. Mais, j’étais engagé, et j’allais terminer.

Champs de neige à traverser. Photo: Danni Coffman.

Je suis parti un peu trop vite, sans le savoir, à la poursuite des concurrents du 25 miles. Mais finalement ça m’a donné une avance d’environ 25 minutes au mi-parcours que j’ai maintenue jusqu’à l’arrivée. Susan m’a rejoint sur le parcours pour les derniers trois miles et j’était vraiment claqué à cet instant mais j’ai survécu.

Un apperçu du parcours. Photo: Danni Coffman

Après tout, je pense bien répéter l’expérience. J’espère pouvoir courir le parcours original, qui est vraiment spectaculaire. C’est une belle façon de découvrir l’arrière-pays.

Les résultats, ainsi que des photos et une courte vidéo son disponibles en cliquant ici.

C'est moi! (à environ 27 miles). Photo: Matt Parsons.

mardi 26 juillet 2011

Rattrapage technologique

La rivière Little Colorado

Des fois, je me retrouve tellement en retard dans mes comptes-rendus que je ne sais plus comment me rattraper. Je reprends le fil des aventures à la fin juin quand Susan et moi nous sommes rendus en Arizona pour parcourir 225 miles de la rivière Colorado dans le Grand Canyon en radeau. Nous ne sommes pas des grands amateurs de rivière mais le Grand Canyon est une occasion à ne pas manquer. Pour preuve, les gens qui nous invité à nous joindre à leur expédition avaient attendu 17 ans pour obtenir un permis pour cette aventure.


Paysage ultra-reconnu à Nankoweap

Susan, Thunder River

Nous étions 16 et nous avons passé 16 jours à explorer le Grand Canyon par le fond. Après quelques jours la routine s’était établie. Nous étions debout tôt, très tôt si nous étions cuisiniers pour la journée. Après déjeuner il fallait démonter le camp et gréer les bateaux. Le programme de la journée dépendait des sites à découvrir et explorer. Nous avons visité plusieurs canyons secondaires. Certains sont chauds et secs. D’autres requirent des sections de nage. D’autres encore sont impossibles à explorer sans matériel d’escalade.


Silver Grotto


Deer Creek Falls

La rivière offre aussi une panoplie d’aventures avec une centaine de rapides à négocier. La difficulté des rapides change considérablement en fonction du débit de la rivière mais les plus célèbres (Granite, Sockdolager, Lava, Hance, Crystal, etc...) offrent des sensations fortes peu importe les conditions.


Alex et Peter dans Lava Falls


Red Wall Cavern


Havasu Creek

Matkatamiba

La chaleur... Il faisait en moyenne 105 degrés Fahrenheit le jour, et ça restait très chaud la nuit. Un drap en soie m’a servi de sac de couchage pour la totalité du voyage. Au moins, il y a la rivière, à 50 degrés Fahrenheit environ on est vite rafraîchit.


Sac de couchage pour le Grand Canyon

Pas de télévision, pas d’ordinateurs, pas de téléphones cellulaires, pas de distractions. La rivière, le soleil, le vent, le sable, les paroies, la grosse vie simple.


Jour X, rapide inconnu

mardi 7 juin 2011

Double sommet

Ce samedi le 4 juin John et moi nous sommes levé tôt pour se taper une grosse journée dans les Crazy Mountains. Oui, sans blagues, la chaîne de montagne s'appelle les Crazies. Notre objectif principal était Crazy Peak, à gauche dans la photo ci-dessous.



Crazy Peak (gauche), Big Timber Peak (droite) illuminés par les premiers rayons de soleil


Nous avons suivi Big Timber Creek vers l'ouest avant de bifurquer vers le sud pour atteindre la face nord-ouest de Crazy Peak, où nous avons chaussé nos crampons. La neige très dure au pied de la face nord-ouest a laissé place à une croûte cassante un peu avant avoir atteint la crête ouest, que nous avons suivie jusqu'au sommet.



John se prépare à grimper la face nord-ouest de Crazy Peak



John négocie la crête ouest de Crazy Peak


Les conditions de neige que nous venions de grimpé étaient horrible mais nous avons trouvé des belles conditions de printemps sur la face est qui avait été déjà bien travaillée par le soleil. Cela nous a placé dans un bol magnifique mais avec Big Timber Peak entre nous et le bercail. Après avoir grimpé la crête ouest de Big Timber Peak nous nous sommes aperçus que sa face nord aurait été tout aussi horrible que celle de Crazy Peak alors nous avons longé cette crête jusqu’au sommet de Big Timber Peak pour skier sa face nord-est. Ce fut une sage décision parce que le ski était encore vraiment beau sur cet aspect.



John sur la crête ouest de Big Timber Peak


La face nord-est de Big Timber Peak


Notre improvisation finale fût une face nord très boisée qui avait encore tout juste assez de neige pour nous permettre de skier presque jusqu’au fond de la vallée. Quelle chance!

mercredi 1 juin 2011

Fin mai en plein hiver

La fin de semaine dernière était le « Memorial Day Weekend » au pays de l’oncle Sam et nous avons célébré ça avec dans le Absaroka Range. Un mélange de neige, de brume et de soleil nous on assaillit tout au long de la journée mais les conditions sont demeurées plaisantes et propices pour une ascension jusqu’au sommet et une descente du South-East Couloir de Emigrant Peak. Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de skier du sommet d’une montagne at 11 000 pieds mais les conditions étaient parfaites. La photo suivante a été prise après la descente du sommet 5 minutes après une tempête surprise de 5 minutes. La corniche au sommet est environ 2 mètre de hauteur.

Emigrant Peak (photo: John Curry)

Brian en route vers le sommet (photo: John Curry)

Bonus Round Couloir (photo: John Curry)

Nous avons terminé la fin de semaine plus doucement avec une rando dans Bear Trap Canyon et une trempette à Norris Hot Springs. L’été? La semaine prochaine, peut-être!