Récemment mon ami John Yarington m’a demandé si j’étais intéressé à grimper Granite Peak, le plus haut sommet au Montana, en une journée. J’avais grimpé Granite Peak une seule fois, il y a presque exactement dix ans. Susan et moi, avec deux autres couples, avions pris deux jours et demi. Granite Peak est au cœur du Absaroka-Beartooth Wilderness et il n’y a pas d’accès facile.
Une ascension d’un jour n’est pas exceptionnelle mais ce n’est pas un projet à prendre à la légère non plus. Ça faisait longtemps que j’y pensais et quand John m’a appelé j’avais le temps, la météo était bonne, et nous avons décidé de partir de Bozeman à 3h jeudi matin. Nous avons stationné la voiture au bout de East Rosebud Canyon vers 5h45, un peu avant le levé du soleil. Quinze minutes de préparatifs de dernière minute plus tard nous étions en route avec nos lampes frontales pour nous aider à naviguer les premiers kilomètres du sentier.
John voulait tenter une ascension relativement rapide. Étant donné que j’avais quelques longues courses à mon actif j’ai établi une cadence que je considérait adéquate pour un marathon en montagne. John me collais aux fesses et je sentais qu’il voulais aller plus vite mais je savais que pour moi, c’était le maximum si je voulais me rendre au bout un un morceau.
Sur le Froze to Death Plateau je m’extasiais devant les paysages qui me rappelaient les hautes montagnes de la Norvège alors que quelques heures plus tôt j’étais confortablement dans mon lit. Je me morfondais de penser aux pauvres citadins assis dans un bouchon de circulation dans un grand centre urbain quelque part.
Mes souvenirs de 10 ans plus tôt m’ont faillit un peu et nous nous sommes trouvé à faire quelques mouvements de 5.8 en solo mais après 5 heures et 20 minutes nous étions au sommet. À presque 13 000 pieds, après 5 heures de course en montagne, je ressentais la fatigue et l’altitude mais notre rythme était bon et la température était idéale. Après 10 minutes nous avons rebroussé chemin et heureusement trouvé la voie la plus facile (5.3?) pour redescendre.
Nous avons fait quelques pauses pour remplir nos bouteilles mais nous n’avions que des petits sacs avec des coupes vents légers (qui sont restés dans les sacs), une trousse de survie, une caméra, un purificateur d’eau, et une douzaines de barres énergétiques chacun.
John avait sa montre GPS et me tenait au courant de nos progrès. À chaque mile il m’annonçait que le dernier mile nous avait pris 12 minutes, 18 minutes, 96 minutes (le sommet est plutôt technique!), etc… Avec un marathon de montagne dans les jambes il m’a fait souffrir avec trois miles autour de 8 minutes 30. Aie! Finalement, nous avons parcouru 27 miles et grimpé 9 000 pieds en une grosse course de 9 heures et 25 minutes.

À une centaine de mètres du sommet