jeudi 19 février 2015

La chance d’habiter ici


Au lever du soleil, en approchant le sommet du Mont Blackmore, on s’arrête pour ajouter des couches. Après une heure et demi de grimpe on a chaud mais en émergeant de la forêt le vent froid nous choque. On s’arrête, et on en profite pour prendre une petite bouchée. Je résiste la tentation d’exprimer mon épatement à notre chance d’être ici, un mardi matin, parce que je l’ai dit si souvent que ça devient redondant. Comme on est chanceux d’habiter ici! Je le pense, et finalement, c’est John qui le dit. J’acquiesce, et nous nous sentons coupable de ne pas avoir appelé Tomas, qui aurait apprécié.




Je me suis levé aux petites heures des centaines de fois dans ma vie, notamment quand je reboisais les coupes à blanc de la Colombie Britanique. Le réveil était toujours la pire partie de ma journée. Me lever à quatre heure du matin pour aller faire des virages dans la poudre ce n’est pas facile, mais c’est certainement moins difficile, et je ne l’ai jamais regretté.
 


La journée est si belle que nous décidons de dévaler la face nord, et de remonter au sommet pour une deuxième descente sur la face est avant de redescendre au bercail. Notre « dawn patrol » se transforme en une demi-journée de ski parce que quand la journée est si parfaite, ça serait de la folie de ne pas en profiter. C’est tellement bon qu’à mon retour au bureau j’envoie immédiatement un courriel à Tomas. Quelques minutes plus tard c’est décidé, je ne touche pas au réglage de ma montre, elle me lèvera encore à quatre heure demain matin


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