Je me sens toujours un peu nono avec la GoPro sur la tête mais j'ai reçu une demande spécifique pour quelques images de surf. Les sessions matinales sont toujours plus belle parce que vent est léger, et dans la bonne direction (de la plage vers la mer). Si on se lève tôt, on peut aussi avoir les vagues à nous tous seuls. Comme vous pouvez voir, éventuellement les foules sortent et il faut jouer des coudes un peu pour attraper des vagues. Mais... La plage est 7.5 km de long alors il y a quand même de la place pour beaucoup de monde!
dimanche 17 janvier 2016
jeudi 14 janvier 2016
Dendroctone du pin (pine beattle)
Quelle aventure! Nous sommes arrivés à Nosara il y a quelques jours. La première tâche au programme fût de tester la connectivité de Susan à son travail, le serveur, les fichiers, etc… Tout fonctionne. Ouf! On peut rester ;-)
On est vraiment fatigué, et pensons que c’est le résultat du stress, des préparatifs, et du peu de sommeil pendant les jours de transit. Nous avons failli manquer l’avion à Seattle parce que notre envolée était une heure plus tôt que nous pensions mais sinon tout s’est bien passé. Hier j’ai dit à Susan que je me sentais comme si j’avais pris des médicaments pour dormir. Complètement vidé. Les siestes de mi-journée dans le hamac sont obligatoires jusqu’à nouvel ordre.
L’aspect qui me frappe le plus à priori est que nous sommes tombés au milieu de la jungle sans amis et sans communauté. Le village est axé sur le tourisme alors la population est en générale très transitoire et je pense que ça prendra un bout de temps avant qu’on se sente chez soi. Il y a évidemment la tension entre les vacanciers (généralement riches et étrangers), les propriétaires (souvent riches et étrangers), et les résidents/employées (pauvres, Costa Ricains). Les Costa Ricains se sentent-ils un peu comme je me sens quand je creuse des trous au Yellowstone Club? Différemment, je crois. En tous cas, faudra voir si je réussi à faire ma place et me sentir à l’aise dans tout ça.
Les vagues par contre... Ont été fantastiques jusqu’à maintenant. La mer est très chaude à cause d’El Niño (85F) et chaque fois que je vais surfer la vie est belle. Après 110 heures de travail pour construire ma planche ça a été un grand plaisir de constater qu’elle fonctionne à merveille. La prochaine prendra certainement la moitié moins de temps à construire, elle sera plus légère, mais ne pourra pas beaucoup mieux surfer.
On est vraiment fatigué, et pensons que c’est le résultat du stress, des préparatifs, et du peu de sommeil pendant les jours de transit. Nous avons failli manquer l’avion à Seattle parce que notre envolée était une heure plus tôt que nous pensions mais sinon tout s’est bien passé. Hier j’ai dit à Susan que je me sentais comme si j’avais pris des médicaments pour dormir. Complètement vidé. Les siestes de mi-journée dans le hamac sont obligatoires jusqu’à nouvel ordre.
Sieste non-prévue
L’aspect qui me frappe le plus à priori est que nous sommes tombés au milieu de la jungle sans amis et sans communauté. Le village est axé sur le tourisme alors la population est en générale très transitoire et je pense que ça prendra un bout de temps avant qu’on se sente chez soi. Il y a évidemment la tension entre les vacanciers (généralement riches et étrangers), les propriétaires (souvent riches et étrangers), et les résidents/employées (pauvres, Costa Ricains). Les Costa Ricains se sentent-ils un peu comme je me sens quand je creuse des trous au Yellowstone Club? Différemment, je crois. En tous cas, faudra voir si je réussi à faire ma place et me sentir à l’aise dans tout ça.
Les vagues par contre... Ont été fantastiques jusqu’à maintenant. La mer est très chaude à cause d’El Niño (85F) et chaque fois que je vais surfer la vie est belle. Après 110 heures de travail pour construire ma planche ça a été un grand plaisir de constater qu’elle fonctionne à merveille. La prochaine prendra certainement la moitié moins de temps à construire, elle sera plus légère, mais ne pourra pas beaucoup mieux surfer.
Les effets de la dendroctone du pin au Costa Rica
samedi 26 décembre 2015
Fiesta en la madriguera
Depuis quelques années je
m’efforce d’apprendre l’espagnol. Je me suis rendu compte très tôt que
l'utilisation d’une variété de méthode d’apprentissage est la manière la plus
efficace d’apprendre. J’ai utilisé des podcasts, j’ai étudié à partir d’un livre
de cours académique, j’ai pris quelques cours du soir, j’ai utilisé le
programme en ligne « Duolingo » et finalment, je me suis mis à lire le plus
possible en espagnol. J’ai commencé avec des livres d’histoires courtes « side
by side » avec un côté en espagnol, et l’autre en anglais, pour finalement
progresser à des livres entièrement en espagnol. J’ai encore constamment
recours au dictionnaire mais avec un peu de patience je réussi à passer à
travers.
Je viens tout juste de terminer « Fiesta en la madriguera », un livre de Juan Pablo Villalobos. Le livre a été traduit en plusieurs langues mais je n’ai pas trouvé le titre en français (« Down the Rabbit Hole » en anglais). L’histoire est racontée par un petit garçon (Tochtli), fils d’une chef de trafiquants mexicain. Il nous présente sa perspective enfantine, naïve, et distordue par son monde isolé et excentrique. Tochtli aime les chapeaux, les samouraïs, les Français et leurs guillotines. Son vœux est d’obtenir un hippopotame nain du Libéria pour ajouter à la collection de son jardin zoologique personnel.
C’est un livre qui fait sourire et réfléchir, et qui nous fait comprendre beaucoup plus que ce que le gamin révèle à travers son récit. Le livre est court et le vocabulaire est relativement simple (adéquat pour un novice en espagnol comme moi). Je le recommande, peu importe la langue dans laquelle vous le lisez.
Autres livres à recommander pour lecteurs débutants en espagnol :
Cajas de carton (Francisco Jiménez): un autre livre relativement court et écrit du point de vue d'un garçon d'une famille de mexicains illégaux travaillant à la cueuillete des fruits et légumes en Californie. Un livre que j’ai aimé.
En el tiempo de las mariposas (Julia Alvarez): Un roman de fiction historique inspiré de l’histoire épique de la famille Mirabal dans les années 60 dans la république Dominicaine sous le règne de Trujillo. C’est un livre assez long mais néanmoins relativement facile à lire. Disponible en anglais (In the Time of the Butterflies). Un bon livre.
Soñar en Cubano (Cristina García): Un roman à propos d’une famille cubaine déchirée par la révolution. Les thèmes abordés sont plus difficile, le livre se promène d’un flashback à l’autre entre une douzaine de membres d’une famille éparpillés entre Cuba et les États-Unis. L’histoire tombe aussi un peu dans le fantastique et la magie. Tout ça pour dire que c’est un livre plus difficile à lire que les livres ci-dessus, mais tout de même intéressant. Écrit en anglais sous le titre « Dreaming in Cuban ».
De cómo las muchachas García perdieron el acento (Julia Alvarez): Un livre que je n’ai pas autant aimé mais écrit par Julia Alvarez (relativement facile à lire en espagnol). Un livre qui parle d’une famille de la République Dominiquaine habitant à New York.
La Casa en Mango Street (Sandra Cisneros): Un livre qui me rappelle un peu « La grosse femme d’à côté est enceinte » de Michel Tremblay, sauf qu’il s’agit d’une famille latine à Chicago.
Je viens tout juste de terminer « Fiesta en la madriguera », un livre de Juan Pablo Villalobos. Le livre a été traduit en plusieurs langues mais je n’ai pas trouvé le titre en français (« Down the Rabbit Hole » en anglais). L’histoire est racontée par un petit garçon (Tochtli), fils d’une chef de trafiquants mexicain. Il nous présente sa perspective enfantine, naïve, et distordue par son monde isolé et excentrique. Tochtli aime les chapeaux, les samouraïs, les Français et leurs guillotines. Son vœux est d’obtenir un hippopotame nain du Libéria pour ajouter à la collection de son jardin zoologique personnel.
C’est un livre qui fait sourire et réfléchir, et qui nous fait comprendre beaucoup plus que ce que le gamin révèle à travers son récit. Le livre est court et le vocabulaire est relativement simple (adéquat pour un novice en espagnol comme moi). Je le recommande, peu importe la langue dans laquelle vous le lisez.
Autres livres à recommander pour lecteurs débutants en espagnol :
Cajas de carton (Francisco Jiménez): un autre livre relativement court et écrit du point de vue d'un garçon d'une famille de mexicains illégaux travaillant à la cueuillete des fruits et légumes en Californie. Un livre que j’ai aimé.
En el tiempo de las mariposas (Julia Alvarez): Un roman de fiction historique inspiré de l’histoire épique de la famille Mirabal dans les années 60 dans la république Dominicaine sous le règne de Trujillo. C’est un livre assez long mais néanmoins relativement facile à lire. Disponible en anglais (In the Time of the Butterflies). Un bon livre.
Soñar en Cubano (Cristina García): Un roman à propos d’une famille cubaine déchirée par la révolution. Les thèmes abordés sont plus difficile, le livre se promène d’un flashback à l’autre entre une douzaine de membres d’une famille éparpillés entre Cuba et les États-Unis. L’histoire tombe aussi un peu dans le fantastique et la magie. Tout ça pour dire que c’est un livre plus difficile à lire que les livres ci-dessus, mais tout de même intéressant. Écrit en anglais sous le titre « Dreaming in Cuban ».
De cómo las muchachas García perdieron el acento (Julia Alvarez): Un livre que je n’ai pas autant aimé mais écrit par Julia Alvarez (relativement facile à lire en espagnol). Un livre qui parle d’une famille de la République Dominiquaine habitant à New York.
La Casa en Mango Street (Sandra Cisneros): Un livre qui me rappelle un peu « La grosse femme d’à côté est enceinte » de Michel Tremblay, sauf qu’il s’agit d’une famille latine à Chicago.
mercredi 16 décembre 2015
Projet Complété
Il y a quelques années, nous avons fait l'achat d'un matelas. L'année dernière, j'ai construit un lit pour le matelas (voir ici). Finalement, la semaine dernière, j'ai construit une tête de lit avec tables de chevet intégrées.
Les tables de chevet intégrées (attachées au mur, sans pattes) permettent aux tiroirs d’en dessous du lit d’ouvrir. La tête de lit a aussi des prises de courant intégrées sur les côtés, avec prises USB pour brancher tout le tralala électronique.
Tout le bois de finition, encore une fois, a été recyclé de notre vieille clôture. Finir ces vielles planches ajoute considérablement de temps et de travail mais ça ajoute aussi du caractère, et c'est un recyclage satisfaisant!
Une chambre complète, finalement
Les tables de chevet intégrées (attachées au mur, sans pattes) permettent aux tiroirs d’en dessous du lit d’ouvrir. La tête de lit a aussi des prises de courant intégrées sur les côtés, avec prises USB pour brancher tout le tralala électronique.
Lampes de lecture obligatoires
Tout le bois de finition, encore une fois, a été recyclé de notre vieille clôture. Finir ces vielles planches ajoute considérablement de temps et de travail mais ça ajoute aussi du caractère, et c'est un recyclage satisfaisant!
dimanche 25 octobre 2015
Cyclocross binge
Photo: Pascal Beauvais
Si on me demandait quand j’ai commencé à écrire sur le blogue je dirais que ça a vraiment commencé avec les « Bozohebdos », autour de 1999. Les Bozohebdos étaient des bulletins hebdomadaires, sous forme de courriel, envoyés à la famille, les amis, etc… J’imagine qu’une vingtaine de personnes recevaient les Bozohebdos chaque semaine et au début, même le banal semblait intéressant parce que je venais juste de déménager à Bozeman pour ma maîtrise et tout était nouveau. De plus, ça me permettait d’utiliser mon français au moins une fois par semaine pendant mon séjour aux États-Unis (ça fait maintenant 16 ans que j’habite ici).
J’ai aussi monté un petit site web pour afficher des photos de mes aventures diverses. Éventuellement, j’ai commencé à sentir que le banal était vraiment banal et j’avais le sentiment de spammer mes amis alors j’ai commencé à afficher des bulletins sur un blog pour que mes amis puissent suivre mes aventures, si ça les intéressait, ou les ignorer si ça ne les intéressait plus.
Quoi qu’il en soit, le dilemme familier persiste. Ai-je quelque chose d’assez intéressant à raconter pour l’afficher sur le blogue? En revenant de Missoula cet après-midi je me suis rendu compte que j’ai fait 13 courses de cyclocross en 16 jours et je me suis dit que c’était au moins digne de mention. À chaque jour, sur trois fins de semaine consécutives à Victor, Bozeman, et Missoula j’ai participé à la course des maîtres (40 ans et plus) et la course élite. Quatre courses par fin de semaine et une petite course du mercredi soir au milieu de la deuxième semaine… Et voilà! Tout ça en ayant travaillé une centaine d’heures sur les mêmes deux semaines. Heureusement, demain c’est lundi, je vais travailler (me reposer).
jeudi 1 octobre 2015
Bechler
On ne fait pas de randonnée souvent mais pour une raison ou une autre ça nous arrive autour de ma fête. Cette année nous sommes allés dans la région de la rivière Bechler dans le coin sud-ouest du parc de Yellowstone. C’est une région relativement peu fréquentée du parc parce que c’est assez difficile d’accès. De plus, pour voir les attractions spéciales (chutes d’eau, geysers, rivières, etc…) il faut faire un minimum de cinq kilomètres de marche à partir du stationnement.
Plusieurs traversées de rivière sont nécessaires pour négocier le réseau de sentiers qui traversent entre autres le Bechler Meadow, un pré semi-marécageux de 8 km de diamètre parsemé de petites micro-forêts. C’est à éviter tôt en saison quand le pré est encore spongieux et dévasté par les maringoins, mais parfait au mois de septembre.
Nous sommes partis pour deux jours et demi, avec un premier soir tout près de Dunanda Falls. Il y a des sources thermales qui se mélange à l’eau de rivière pour créer un spa naturel juste au pied de la chute de 30 mètres. C’est presque trop parfait. Nous nous sommes baigné soir et matin. C'était du camping très civilisé.
Le lendemain nous sommes monté dans la vallée Bechler jusqu’à un bassin de sources et de geyser qui se trouve à mi-chemin entre le Bechler Ranger Station et le fameux geyser Old Faithful (25 km d’un bord ou de l’autre). On s’est trempé pour une bonne heure dans Mr. Bubble, qui rugit sans cesse comme un bain tourbillon géant. Les vibrations du torrent de vapeur nous font sentir intimement connectés à la géologie et l’activité volcanique du plateau. C'est une expérience à ne pas manquer.
Bechler Ford
Nord-est de Bechler Meadow
Traverse no. 6
Nous sommes partis pour deux jours et demi, avec un premier soir tout près de Dunanda Falls. Il y a des sources thermales qui se mélange à l’eau de rivière pour créer un spa naturel juste au pied de la chute de 30 mètres. C’est presque trop parfait. Nous nous sommes baigné soir et matin. C'était du camping très civilisé.
Dunanda Falls
Dunanda Falls
Mr. Bubbles
Colonnade Falls, une chute parmi plusieurs dans la région
mardi 4 août 2015
Colorado Trail Race 2015
English language account - French below
After many years of threatening to enter a bike-pack race I finally pulled the trigger on the 2015 Colorado Trail Race. I chose this one mostly because it fit in well with my schedule. I soon realized that bike-packing races come in very different flavors. As I pushed my bike up yet another high pass or mountain, I couldn’t help but compare this to a 500 mile enduro. The Colorado Trail is predominantly a hiking trail and the bike acts alternately as a fantastic enabler and a ridiculous and awkward object that you lug up or down a rocky path.
Day 1 had me climbing over 21,000
feet from Durango, through Silverton, and beyond into the San Juan Mountains.
The race started at 4:00 am and it was 1:30 am the next day by the time I
settled down for the “night.” I was lucky enough to find another competitor to
share the last 7 hour push into the night. We travelled 98 miles and bivied at
12,800 feet. It was a weird experience to be out of breath when I was trying to
sleep, and this would come to bite me later.
After three hours of sleep we got
back on our bikes and continued along the highest section of the trail, which
reached 13,280 feet at its highest point. The two riders I had been riding
with, Aaron Johnson, and Joe Grant, eventually dropped me on a long hike a bike
section and I found myself alone battling with the altitude. I did not
immediately recognize my problems as altitude-related. I tried forcing down
more food and taking additional electrolytes to no avail. Luckily, the course
took us down to about 9,000 feet that day and I almost immediately regained some
spunk. After “only” 11,000 feet of climbing and just under 100 miles I
purposely chose to sleep as low as I could, even though it was a bit colder in
the valley, and slumbered for a long 5 hours.
Somewhat invigorated, I tackled day
3 along Sargent’s Mesa, a section so littered with rocks that it is unrideable
in-spite of being relatively flat, then Marshal Pass, Fooses Creek, and the
beginning of the Collegiate Peaks whoopdy-doos. Early that day I crossed paths
with bike-packing legend Jay Petevary, and we ended up riding together for the
better part of three days. He was feeling some knee pain, and seemed to be
happy to have someone to chase down the trail. For me, having a partner ensured
that I didn’t slack off. Additionally, having another person around when
tackling 12,000 foot passes in the middle of the night offers a non-negligible
safety factor. We got along and shared stories from our adventure racing past.
After a 2h45 bivy above Buena Vista
we rolled into town for the second resupply along the route. I felt like a
zombie and had a hard time selecting food items for the next leg but somehow
made appropriate choices and we headed out towards Leadville, where we had a
cheeseburger before heading over Kokomo and Searle Passes on our way to Copper
Mtn Resort. Again I felt some effects of elevation but this time mostly just
dizziness and lack of coordination, not so much stomach issues. On the last
descent into the night the effects of sleep and oxygen deprivation revealed
themselves in the form of mild hallucinations. Nothing serious, but I was happy
to settle down for a relatively fat 4h night.
“Climbing out of bed” has never
seemed so appropriate, even though I did not have a mattress, let alone a bed,
because we started the day with a 3,000 foot hike-a-bike , followed by a rocky
technical descent, and a 1,500 foot climb, and another, and a 2,000 foot climb,
and another, and several other 1,000 footers. This course is truly relentless.
We had a minor celebration after reaching Georgia Pass, the last point above
11,000 feet we would tackle on this course (11,800 feet). Thick air from here
on out!
I time trialed the last 45 minutes
of the day to the Stage Stop Salon wanting to make sure I didn’t miss the last
resupply on the course. Missing this landmark would have meant waiting until
the next morning to purchase food for the last 100 miles. I inhaled two thirds
of a pizza, packed the rest for the next day, and filled my bags with whatever
high-calorie options I could find in the little convenience store. Since we
were already there and half unpacked we decided to take our last nap of the
event right there in the beer garden.
I hit the road just after midnight
on the longest Wilderness detour on course. It was great to complete this
section at night with no traffic and cool temperatures. I stopped at Wellington
Lake not long after sunrise to enjoy a slice of pizza and a view of the craggy
peak behind the lake, bathed in alpenglow. A swim would have been nice, but I
was still “racing”. When I finally rejoined the Colorado Trail after this
Wilderness detour I spotted Sam Koerber, another competitor, obviously getting
ready to hit the trail after a short night. Part of me did not care anymore
about placings, this whole undertaking is too big to worry about such things,
but I still did not waste any time after saying hello.
After about four hours of some of
the best single track ever (yes, there are some very beautiful sections on this
course) I reached the South Platte River. All that was left to tackle was a
steep 2,000 foot climb, a 2,000 foot descent, a final 500 foot climb, and a
long descent to the finish. Just as I was assessing my water needs for this
next section, Sam showed up. This meant that the race was on. After 5.5 days we
were going to have a battle to the finish line. I didn’t really have enough
water but I thought that if I hustled and got out of sight I might be able to
fend him off to the finish. I turned myself inside out on the 2,000 foot climb
and started taking chances on the descent down the other side, and paid for it
when I got a flat tire. I quickly put a tube in and evaporated the last drops
of moisture out of my body frantically putting air in my tire with the
mini-pump. I was amazed to get back on the trail before Sam caught me and
thought that perhaps he wasn’t chasing after all.
I downed a water bottle taken
directly from a creek without treating it and tackled the last 500 foot climb.
Too weak to pedal up the last 100 yards I was pushing my bike when Sam came
barreling up the hill behind me. Before I could react he bunny-hopped out of
the single track, into the brush, and overtook me like a monster truck. I
chased him to the top and we started cat-and-mousing down the switchbacks on
the other side. When we popped out of the single track we were side-by-side
contemplating a 6.5 mile drag race down a dirt road to the finish. It started
comically with us both alternating between spinning out and trying to get aero
coasting down the road but when the grade eased off, and we both had big enough
gears to push, I was no match for his monster truck power and he rode away from
me. I finished 3 minutes behind (5 days, 8 hours, and 26 minutes) in what
turned out to be 8th place, though neither of us had any idea at the
time.
It would seem a little ridiculous to
fight for one position, especially an 8th place, at the end of such
a long trek, but I think that this is an indication of the grit required to
take on this event. You have to be willing to fight just because there is a
battle to be had. Otherwise you would quit before reaching the finish line.
The total ride was 540 miles, with
85,000 feet of climbing. I can only guess at how much of that was spent pushing
my bike but it was a lot. It has been three days since I finished and I am
feeling human again. I can’t go through the day without a nap but when I sleep
I sleep well. The edema in my lower legs has subsided. I only have minor
numbness in my hands and feet. The sores on my tongue are gone and the scabs in
my nasal passages are almost healed. Finally, if you define mental recovery as
“the desire to go back out there and do it again,” that might take a while.
Compte-rendu en français - anglais ci-dessus
Après
plusieurs années de contemplation j’ai finalement décidé de participer à l’édition
2015 du Colorado Trail Race. J’ai choisi cette course surtout parce qu’elle
convenait à mon horaire. J’ai vite réalisé qu’il y a beaucoup de variété dans les
courses de « bike-packing. » Alors que je poussais mon vélo jusqu’au
sommet d’un col parmi tant d’autre je n’ai pu m’empêcher de penser que cette
course est l’équivalent d’une course de format enduro, mais de 800 kilomètres.
Le Colorado Trail est principalement un sentier de marche sur lequel le vélo
agit alternativement comme un outil de rêve ou un objet ridicule et incommode
qu’on traîne avec nous sur un sentier rocailleux.
Pendant la
première journée j’ai grimpé plus de 7 000 mètres de Durango jusque dans le cœur
des montagnes San Juan en passant par Silverton. La course a commencé à 4h00 et
j’ai roulé jusqu’à 1h30 le lendemain avant de m’arrêter pour la nuit. J’ai été
chanceux de trouver un autre compétiteur avec qui rouler pendant les dernières
7 heures en pleine nuit. Nous avons voyagé 158 km et dormi à 3 900 m d’altitude.
Ce fut une bizarre d’expérience que de me sentir essoufflé en essayant de
dormir, et ça a eu des conséquences négatives un peu plus tard.
Après trois
heures de sommeil nous avons enfourché nos vélos et continué à naviguer la plus
haute section du parcours, qui atteint 4 000 m à son plus haut. Les deux
cyclistes avec qui j’ai roulé ce matin-là m’ont finalement largué sur une
longue section de marche et je me suis trouvé seul à combattre les effets de l’altitude.
Je n’ai pas immédiatement reconnu mes symptômes comme étant reliés à l’altitude.
J’ai essayé de manger plus et d’ingérer plus d’électrolytes, mais sans succès.
Heureusement, le parcours nous a mené à environ 2 700 m ce jour-là et j’ai
immédiatement repris du poil de la bête. Après seulement 3 300 m de gains
et 160 kilomètres j’ai choisi de m’arrêter pour dormir le plus bas
possible, malgré le froid qui prévalait dans la vallée, et j’ai fait un gros
dodo de 5h.
Revigoré, j’ai
entamé jour 3 sur Sargent’s Mesa, une section si rocailleuse qu’il est
impossible de pédaler malgré qu’elle soit relativement plate. Ensuite je suis
passé par Marshal Pass, Fooses Creek, et le début de la section roulante des
Collegiate Peaks. Tôt cette journée, j’ai croisé la légende du bike-packing Jay
Petervary, et nous avons roulé ensemble pendant presque trois jours. Il avait
un mal de genoux et semblait content d’avoir quelqu’un à suivre. Pour moi,
avoir un partenaire m’encourageais à maintenir le niveau d’intensité élevé. De
plus, avoir quelqu’un d’autre avec qui négocier les cols à 3500 mètres d’altitude
en pleine nuit offre une marge de sécurité non-négligeable. Nous avons jasé de
nos vieilles histoires de courses d’aventure.
Après une
courte nuit de 2h45 dans les montagnes au-dessus de Buena Vista nous nous
sommes arrêtés en ville pour le deuxième approvisionnement du parcours. Je me
sentais comme un zombie mais j’ai réussi, avec difficulté, à faire des choix
nutritionnels adéquats pour la prochaine section. Nous nous sommes arrêtés à
Leadville pour des cheeseburgers avant de continuer par les cols de Kokomo et
Searl en route vers la station de ski de Copper Mountain. J’ai une fois de plus
ressentis quelques effets de l’altitude y compris les étourdissements et le
manque de coordination, mais sans les troubles digestifs. Pendant la descente
le manque de sommeil et d’oxygène ce sont manifestés sous la forme d’hallucinations
modestes. Rien de trop sérieux, mais j’étais content de m’étendre pour une
bonne nuitée de 4 heures.
Malgré avoir
dormi sans matelas j’ai dû me lever du bon pied parce que nous avons entamé la
journée avec une ascension de 1 000 mètres presque entièrement impédalable. L’ascension
fut suivi d’une descente rocailleuse et très technique, d’une autre ascension
de 500 m, et une autre, et un de 600 m, et un autre, et plusieurs autres de 300
m. Ce parcours est réellement implacable. Nous avons célébré brièvement au sommet
du col Georgia, la dernière partie du parcours au-delà de 3 000 m (3 600 m pour
être précis). Que de l’air riche en oxygène à partir d’ici!
J’ai
parcouru les dernières 45 minutes en contre-la-montre pour m’assurer de ne pas
manquer le dernier ravitaillement du parcours au Stage Stop Salon. Si j’avais l’avais
manqué, j’aurais dû attendre jusqu’au lendemain pour me procurer de la
nourriture pour les derniers 160 kilomètres. J’ai avalé les deux tiers d’une
pizza, emballé le reste pour le lendemain, et rempli mes sacs d’une variété d’items
hauts en calorie que j’ai pu trouver parmi les tablettes. Étant donné que nous
étions déjà à moitié dépaquetés, nous avons choisi de faire une dernière petite
sieste au beau milieu de la terrasse de la brasserie.
Je suis
reparti juste après minuit pour compléter le plus long détour du parcours. (Aux
États-Unis, certaines régions sont désignées « Wilderness » et elles
sont interdites aux vélos). Cela s’est avéré un atout de compléter cette
section sans circulation automobile, et pendant les températures fraîches de la
nuit. Au lever du soleil je me suis arrêté au lac Wellington pour déguster une
tranche de pizza et admirer la lumière orangée sur le pic rocheux en arrière-plan.
Une petite baignade aurait fait du bien mais j’étais encore en course! Quand j’ai
finalement rejoint le Colorado Trail j’ai croisé Sam Koerber, un autre
compétiteur, qui se préparait à remonter à vélo après une courte nuit. L’envergure
de cette course est telle qu’on ne peut pas se permettre de trop se préoccuper
de notre classement, mais je n’ai tout de même pas perdu trop de temps à dire
bonjours avant de continuer mon chemin.
Après
environ quatre heures de certains de plus beaux sentiers pour le vélo de
montagne que j’ai eu le plaisir de pédaler (oui, il y a des très belles
sections) je suis arrivé à la rivière South Platte. Il ne restait qu’une montée
avec 600 mètres de gain, une descente de 600 m, une petite montée de 150 m, et
une longue descente jusqu’à l’arrivée. Alors que je consultais la carte pour
déterminer la quantité d’eau qui me serait nécessaire pour compléter le
parcours, Sam est arrivé. Pour moi, ça voulait dire que la course n’était pas
terminée. Après cinq jours et demi de course nous allions avoir une bataille
pour le fil d’arrivée. Je n’avais pas vraiment assez d’eau mais je me suis dit
que si je me dépêchais et que j’arrivais à me placer hors de son champ de tir
je pourrais peut-être conserver une avance jusqu’à l’arrivée. Je me suis
défoncé pendant la montée et j’ai pris des risques pendant la descente, et j’ai
subi les conséquences de ses risques quand j’ai eu une crevaison. J’ai vite
réparé ma crevaison et évaporé les dernières gouttes d’hydratation de mon corps
en gonflant mon pneu à l’aide de la mini-pompe. Je me suis surpris d’avoir pu
reprendre la route avant que Sam ne me rattrape. J’ai pensé que peut-être,
finalment, ne me poursuivait-il pas?
J’ai avalé
une bouteille d’eau entière prise d’un petit ruisseau sans la filtrer et je me
suis lancé sur la dernière petite ascension. Trop fatigué pour pédaler, je
poussais mon vélo quand Sam est arrivé derrière moi. Avant même que je puisse
réagir, il a sauté dans la broussaille et m’a dépassé comme une locomotive. Je
l’ai poursuivi jusqu’au sommet et nous avons joué au chat et à la souris dans
les virages en épingle de l’autre côté. En sortant du sentier, il nous restait
10 km de course en tête-à-tête sur un chemin de terre. Ça a débuté en comédie,
à grande vitesse sur le faux-plat descendant, à 130 révolutions par minute.
Éventuellement la route s’est aplatie et sans limitation mécanique de
transmission, la puissante locomotive humaine de mon adversaire a eu raison de
moi. J’ai terminé 3 minutes derrière lui, en 5 jours, 8 heures, et 26 minutes,
en huitième place, quoi qu’aucun d’entre nous ne savais notre classement alors
que nous terminions.
Après une si
longue course, il semble ridicule de se battre pour une seule position, surtout
la 8e, mais je pense que ça démontre bien le type de détermination
nécessaire pour compléter cette course. Il faut être prêt à se battre
simplement parce que la bataille existe. Sinon,
on abandonnerait avant de franchir le fil d’arrivée.
Le bilan
total fût de 870 km, avec 26 000 m de dénivelé positif. J’ignore quelle
proportion de la course a été passée à pousser mon vélo mais c’était
considérable. J’ai terminé il y a trois jours et je me sens finalement humain
de nouveau. Je ne peux pas compléter une journée sans faire une sieste mais
quand je dors, je dors bien. L’œdème dans mes jambes est presque résolu. Je n’ai
encore que de petits engourdissements dans mes mains et mes pieds. Les ulcères
sur ma langue et les galles dans mes voies respiratoires sont presque
complètement guéris. Finalement, si on considère la récupération psychologique
comme « le désir d’entreprendre l’aventure de nouveau, » on devra
attendre un p’tit peu.
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